Orientation, face. Devant, tout près, elle touche. Une lumière à la lisière. Nous avons très bien dormi. Je me suis un peu forcé à sortir. Le corps était encore pataud. Maladroit, lourd, il réclamait du silence et un endroit pour s'avachir. On ne se laisse pas faire. Si on s'écoute on ne fait rien. Alors il reste un peu de curiosité. Branché sans risque sur une prise. L'image ne vient pas tout de suite. Beaucoup de temps pour se développer. Les branches te disent d'aller plus vite. Les courants emportent avec eux des motifs qui s'inscrivent par accident. Il dit : je ne prévois rien, je n'anticipe pas, je ne veux pas construire, je veux juste préserver. Il y a cet appel du vert. Un paysage inventé trouvé au milieu d'un jardin où à l'entrée il est écrit : interdiction de courir, de promener des animaux domestiques, de pique-niquer, de chanter. Orientation, face. La couleur sort mal à l'écran. C'est brouillé, on y voit rien, même pas beau, pas chic pour un sou. Les branches dessinent un autre paysage. Dans un autre pays. Un paysage inventé puisqu'il ne voyage jamais. Il dit : le monde à ma porte etc. L'écran propose plusieurs vues. On peut toujours sortir du cadre. Voir un monsieur très vieux qui regarde la mer. Changer de saison. Voir un morceau de femme. Une balle rouge suspendue dans l'air. Enfin tout ça c'est derrière, à la queue, en attendant de trouver mieux, en tête, orientation face, nez au vent.

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