23.7.15

une phrase

Patrick Faigenbaum « Je reste méfiant vis-à-vis de l’idée de projet, ou de série – deux paresses de l’art contemporain. Définir un projet ne suffit pas à donner de bonnes images. Or, in fine, c’est l’image qui est importante. »

mai 2015


18.7.15

vieux machin

texte retrouvé, 2002

En vrac
Le retour sur soi : restituer dans
le langage arrêté la vitesse de
la vie.
Idiotie.
Faire des phrases, comme des cabrioles et
se préserver du jugement
que des abrutis sont toujours prêts à dire.
So what ?
Mots courts, traits courts ; examen médical d’un nombril,
cavité  sans profondeur.
Souhaitez-vous faire vaciller le sens ?
Remplissez-moi ce nombril d’images,
et gavez -le jusqu’à la satiété.
Oui oui oui
Ce que je fais me renseigne parfois sur qui je suis.
Projets
Rester fidèle au principe selon
lequel l’origine de la phrase est inconnue,
sa destination folle (cachée) —
et sa danse, forcément érotique.
B.L.V.
« Je n’ai jamais été mis en vie. »
Nerfs.
Il s’était mis à détester
les images ancrées dans le quotidien,
les récits nains et peu glorieux de la
vie immédiate ; croyant peut-être
bêtement que la transformation n’est pas
un vain mot, qu’il est toujours possible
de décoller de la misère
(sexuelle, alimentaire, littéraire)
et que rendre compte sans projet
de son impuissance face à la vie,
est une agonie qu’il ne peut plus supporter.
Paris.
A quatre heure du matin, traversant le 17 ème,
croisant des putes fatiguées, il ne faisait
pas très froid, je vous (r)assure.
Bob Dylan.
« I don’t know how much longer I can wait. »
Final.
to be continued dans l’étonnement sans fatigue
couleur rouge vagues sensations de mobilité
capricio ça fait partie du jeu du seul avec ou sans suivre
la première route vers l’indéfini
soleil se fait rare quand j’ai un besoin urgent de lumière
pour développer mes images.

Arles, juillet


21.6.15

Transactions photolittéraires


Une de mes images en couverture d'un ouvrage collectif dirigé par Jean-Pierre Montier.

Ici

8.6.15

Entre les lignes

 Mardi 9 juin, je suis l'invité de l'émission "entre les lignes" à la radio RTS. 

PODCAST À ÉCOUTER ICI
C’est un petit livre qui prend au mot la photographie : écrire avec la lumière. Et pourquoi pas : mettre en lumière par l’écriture.

En une soixantaine de textes brefs, l’écrivain-photographe révèle de façon sensible son rapport au monde. Sur la page, comme dans un cadre, apparaît peu à peu le fond de son œil. Celui d’un regardeur.
Par Jean-Marie FélixLectures: Georges Grbic
A lire : Amaury da Cunha : Fond de l’œil, Editions du Rouergue, collection La Brune et Incidences, Editions Filigranes
A lire du même auteur :
Les Oiseaux favorables (photographies, texte de Stéphane Bouquet), Editions Les Inaperçus, 2014
Après tout (photographies et textes), Editions Le Caillou bleu, 2012
Saccades (photographies et textes), Editions Yellow Now, 2009

27.5.15

Revue Regards




 Revue Regards #15 "Récit", mai 2015
 
Avec les éléments récoltés, pris, glanés ou composés, façonnés ou construits, le photographe, comme l'écrivain, configure le récit. Il se joue de la chronologie pour remanier ses expériences, pour reconstituer son histoire. Pour le photographe, cette réinterprétation du monde trouve ses origines dans le récit littéraire et surtout dans l'art du montage cinématographique. Il propose une construction subjective aux spectateurs, un assemblage où chaque image parle de la vie, de nos vies, mais dont la juxtaposition produit un glissement pour donner du sens à l'insaisissable. Si cette construction peut-être figée, bien souvent l'artiste la déconstruit, la réagence, la réinterprète dans de nouvelles associations d'images comme pour jouer et rejouer de la polysémie des choses. Claude Bélime

Avec les travaux de Amaury da Cunha, Sandra Fastre, Frédérique Felix Faure, Marine Lanier, Sarah Ritter. 

Plus d'informations, ici







10.5.15

Fond de l'œil/france inter

Quelques extraits de Fond de l'œil lu au début de l'émission "Regardez voir" de Brigitte Patient.

Podcast, ici

2.5.15

Après-midi

L'aventure d'une histoire. Le commencement- vague- le milieu- intense- la fin- introuvable. La désireuse & le demandeur. Les portraits faits après l'amour. La suspension, l'attente, la pénombre. Le printemps pourri avec la pluie à l'intérieur de soi. La chaleur, partout.

29.4.15

Rêve d'un autre

"Votre photo de la bulle géante contenant une petite bulle ainsi que tout un immeuble m’a déclenché un rêve cette nuit. Il y avait dans cette bulle une autre réalité, différente de celle où je pataugeais tous les jours, plus réelle, plus liquide, plus en prise avec le sentiment d’exister ; où naviguer serait le meilleur moyen de déplacement. J’ai voulu traverser sa surface, mais si mince était-elle qu’elle me repoussait inéluctablement. Il m’apparut alors que cette réalité nouvelle entraperçue me laisserait inéluctablement à son bord, exilé de l’ancienne et en deçà de la nouvelle. Ce que la vision m’avait révélé c’était la condamnation à l’entre deux. Reste la possibilité de s’approcher du bord et avec délicatesse photographier ce dans quoi on ne saurait être que par la vision, mais dont la possibilité rend toute réalité tra gique et tout paradis perdu."

26.4.15

Le 7 mai à la librairie "le 29", 75010.


À l'occasion de la sortie de incidences (filigranes) et de fond de l'œil (Rouergue). 18h30.

Le 29, Rue des Récollets, 75010 Paris

22.4.15

blabla

Images récentes :  capter des situations  plus concrètes et flottantes sans jamais perdre de vue la qualité la plus touchante de la photographie pour moi : l'insinuation. Je veux photographier davantage dans des villes connues ou découvertes, faire face à mes semblables. Réaliser des images  crues  qui posent  un rapport de désir. 

L'histoire de la vie, au dehors.

75013


au parc


2.3.15

photogravure

                                Images extraites du livre "Incidences" (Filigranes Éditions) à paraître le 26 mars.

Par Julia Kerninon


"On photographie des choses pour se les chasser de l'esprit. Mes histoires sont une façon de fermer les yeux". Franz Kafka

Il suffit d'un mouvement du doigt pour immobiliser l'action et la rendre éternelle. Figer le mouvement et l'offrir à la lecture. L'art d'Amaury da Cunha appelle à la scrutation. Il fait rentrer le spectateur dans sa propre obsession de regarder, sans vraiment y chercher une réponse, le monde qui l'entoure. En parallèle, ses textes, souvent fragmentaires, toujours intenses, relèvent du même regard, mi-hagard mi-ironique. C'est comme une enquête qu'il mènerait depuis toujours, accumulant des indices dérisoires, menaçants pourtant, parce qu'intimes. Les rassemblant pour les identifier avant de les abandonner à d'autres – le regard oblitérant toutes choses vues, les renvoyant dans le passé, se portant maintenant sur le futur des choses encore inconnues.

 Par moments, ses clichés rassemblés dans une exposition semblent des tableaux classiques et indiscutables, et la minute suivante ils font penser aux preuves du crime plastifiées disposées sur des tables de tribunal, accablantes.
Des trophées aussi, des porte-bonheurs. Des petites et des grandes choses, mises toutes à égalité. Toutes lois abolies. Toutes certitudes ébranlées. Confettis scintillants sur une poitrine nue, christique. Ombres chinoises. Mouvements de bras absurdes et quotidiens. Fumée, arbres ployés, objets abandonnés, instants volés, traces.
Autoportraits mystérieux. Femmes perdues. Neiges. Les images comme des regards jetés. Les textes comme des légendes sans objet. Des bribes. On croirait les photos de vacances d'un faux-fuyant, d'un étranger partout, qui ne sait pas sur quoi on attend de lui qu'il fixe son attention exactement, un touriste qui ne verrait pas la tour Eiffel même si elle était dans son champ de vision, mais qui sait choisir son pigeon préféré dans une mêlée duveteuse.
On n'a pas ici affaire à une pose d'artiste cynique, mais à un individu exigeant dont le travail nous demande, innocemment, si vraiment jusqu'ici on avait cru aux apparences, si on s'était laissé avoir par une coquille qu'il n'a, lui, Amaury, jamais même entrevue. C'est un regard perçant, sans concession, mais tendre pourtant, pourtant candide. Enfant sévère, pour qui un aigle n'est ni une métaphore ni un symbole, mais d'abord une paire de serres potentiellement meurtrières. Amaury da Cunha nous montre un autre monde, celui qui se dissimule entre les clichés habituels, dans les failles. Un monde de mouvements cassés, de visages mystérieusement dissimulés, de tragédies et de comédies minuscules, de villes toutes fantômes, d'animaux touchants et féroces. Mise en doute permanente des habitudes, du confort, de la chaleur. Derrière le rideau. Sous le tapis. Amaury da Cunha opte systématiquement pour le plus difficile, le moins aimable, ce qui ne fait pas l'unanimité au premier round. Snober l'évident pour privilégier le secret – privilège de celui qui a de la ressource, qui peut convoquer la grâce seul, sans bagatelles, sans fioritures. Lumière seule. Saccades. Après tout.
Et maintenant ce travail en cours, sobrement intitulé Incidences. Lire les titres comme des indices de la démarche. Dans son travail, Amaury da Cunha navigue en permanence entre l'intimité et la distance. Poses inconfortables, solitudes, passants immobilisés dans la contemplation du vide. Mais aussi : puissance chaude des animaux au zoo, fauteuils velours rouge au cinéma, jeunes américaines de sortie. Dans les expositions, juxtaposées, les images font apercevoir un nouveau monde, plus cru. On n'est jamais sûr de ce qu'on a vu dans ces images, et pourtant elles nous font douter à leur tour de ce que nous avions cru voir jusque là. C'est une œuvre qui se déploie, puissante, silencieuse, précise, année après année, collection après collection. Les textes, éparpillés sur le site http://saccades-images.blogspot.de/, sont en fait presque inséparables du travail photographiques, relèvent de la même quête. La démarche de Da Cunha est toute entière dans cet aller-retour concentré entre les deux formes, comme s'il choisissait encore son médium, l'outil le plus adapté à son ouvrage. Il ricoche de l'une à l'autre, efficacement mais sans l'arrogance des pleins pouvoirs.
Écrire, photographier – saisir ce qui échappe comme de l'eau entre les mains. Donner un nom et un visage à ce qui change sans cesse – le flux de la vie mouvante, incertaine, fragile. Inventaire parfois luxuriant, parfois anxieux. Instabilité fondatrice, parce que profondément honnête. Da Cunha repart toujours de zéro. Son style, parfaitement reconnaissable, c'est ce silence partout présent, cette pause dans la cohue. L'inconscient de tous les instants, frôlant avec la folie douce. Élégamment. Parcours d'un combattant contemplatif. Gladiateur aux deux armes – images et mots. Reproduire la réalité pour s'assurer de sa présence. Immortaliser pour oublier. Rendre immortel pour oublier qu'on ne l'est pas soi-même.

22.2.15

Titres & notes

Précis de méconnaissance
Souvenirs de loin
Suite(s)
Garde à vue
Vacillement
Cheminer dans l'espace sauvage
Refonte du réel

"Je veux de ces fragments étayer mes ruines."Eliot

La progression infinie vers le désert

Cacophonie culturelle

"Plus tu es proche de la matière, du réel, pierre air feu et bois, mon gars, plus le monde devient spirituel." Snyder

11.2.15

Fond de l'œil

À paraître le 6 mai aux éditions Le Rouergue, un petit livre sur la photographie, sans images à l'intérieur.


30.1.15

à paraître

Incidences (photographies et textes), éditions Filigranes, mars 2015.

Fond de l'œil (petites histoires de photographies), éditions Le Rouergue (collection La Brune), mai 2015.

21.1.15

Paris

Une balle dans le pied

Elle écrivait ses phrases enrobées dans un flou artistique pour camoufler la pauvreté de sa pensée. 
Elle pensait sans doute que cela passerait pour de la subtilité, difficile à décrypter. 
En réalité, il n'y avait rien à comprendre à son charabias. 
Rien du tout. 
Je mesurais seulement l'indigence de son esprit à l'aune de sa  prose.
Pourquoi s'obstinait-elle à vouloir encore écrire ?
Bien entendu, elle ne pouvait pas entendre des critiques. 
Plusieurs fois, par charité sémantique, j'ai essayé de lui dire qu'elle était confuse.
Orgueilleuse et de mauvaise foi, elle faisait semblant de m'écouter, elle rectifiait même quelques erreurs signalées, mais elle revenait très vite à son écriture suicidée.

15.1.15

Notes de janvier

Le voyage de la sensation jusqu'à l'idée. Moins d'images ces temps-ci. Nécessité joyeuse de ne rien faire pour sentir vraiment le temps entrer et sortir de soi.

Imminence du prochain livre "Incidences" (en mars prochain) qui clôt une certaine manière de photographier et d'écrire.

Dans une conversation je lui raconte que je vais m'intéresser au blanc.

Achevé aussi un volume de textes courts qui s'appelle "Fond de l'œil". Des récits sur des photographies. D'après des photographies. Un livre que de phrases, sans photos. J'y parle de la photographie de famille, de la place de l'image dans un journal, de mes premiers souvenirs de photographies, d'une comète, de mon frère, de pornographie, de Peter Handke, de Sarkozy, de Khadaffi, de Bergounioux, mais aussi mon ancêtre Arthur da Cunha (le photographe pictorialiste), de Top Gun, du désir, etc.