17.10.09
5.10.09
7.9.09
12.8.09
entré dans la nuit

Il se peut que l’onde d’un choc, si terrible soit-il, défie le temps, et soit d’un coup perceptible avant le drame : comme si l’écho, devenu fou, faisait des voyages insensés dans tous les recoins du temps ; craquelant le passé, inventant même des failles en cisaillant le cœur, donnant à la souffrance une place capitale qu’il n’a pas désiré : le choc invente aussi des feux, révélant des signes annonciateurs qui sont sans visages, sans signification, mais infiltrés dans la tête comme des rumeurs noires ; impossible de les nier, impossible de les déchiffrer, mais avant la chute, le monde a déjà vacillé, et après elle, il porte doublement le poids du temps qui s’est effondré dans le silence.
12.6.09
Images en tête
un corps au bord du vide sur un toit invraisemblablement grand
un visage filmé devant une bougie & sa parole veille à ne pas éteindre la flamme
une acrobate dans l'air tout noir autour
enchevêtrements divers
à suivre 12/06/09
(distances, œil critique, papiers, mais les images manquent ; faire monter encore le manque)
22.5.09
12.5.09
un texte en marge
Paru dans "le monde des livres", à propos d'un livre de Gérard Gavarry écrit à partir de photographies d'Edouard Levé.
10.5.09
17.4.09
un peu après

Si un blog ne sert pas à montrer la fabrique des images, mieux vaut pas le pratiquer. La photographie prend du temps. Être le spectateur privilégié de son travail n'est pas toujours facile. Il faut parfois le laisser dormir, s'absenter de lui - l'oublier et revenir plus tard sur ce que l'on a fait. Plusieurs vies se chevauchent. Je suis dans existence qui conjuguent les tâches et qui m'oblige à porter sur le monde des regards change d'un jour à l'autre. On ne va pas se plaindre. Il y a le métier, il y a aussi le travail. L'obligatoire et le nécessaire. L'image et le texte. Le travail d'autrui que je scrute jour après jour et dont je me sers pour le journal où j'officie. À côté, il y a ce devoir intime : persister, ouvrir mon œil, qu'il se rapproche de ce que je cherche. Après ce livre qui vient d'être publié, je me trouve dans une recherche qui a besoin d'un virage, tout en gardant le tempo et la forme qui a rendu possible l'achèvement de "saccades". On a parfois une distance qui rend la pensée agile quand il s'agit d'autrui, mais appliquée à soi-même, le vertige perturbe le jugement. On avance quand même. On bifurque. Et l'intuition qui donne naissance aux nouvelles images, quand j'y songe, me met sur une direction nouvelle : elle oscille entre le maintient d'une forme de spontanéité (sans intervenir sur ce que je vois, visages et choses saisis malgré eux) et une tentation d'orchestrer plus franchement ce que je désire.
9.4.09
6.4.09
D'un blog à l'autre
Rémi Coignet, sur son blog consacré à la recension de livres photographiques, a écrit un texte sur "saccades", au plus près pour moi de ce qui le fait battre depuis le début.
31.3.09
Publication à venir
Publication à venir dans le prochain numéro de la revue "photos nouvelles".
Le principe est clair : trop souvent, les photographes regardent le monde et eux-mêmes, et ils ont raison, mais l'autre, dans cette passion autarcique qu'est la photographie, est bien souvent oublié ; toujours à l'esprit, mais rarement mentionné. J'ai rencontré la travail de Marie Baronnet. Nous avons décidé, grâce à gentillesse et la complicité d'Isabelle Darrigrand de croiser nos travaux, par un jeu de questions/réponses qui "sévissent", dans les deux parties de ces pages. Marie crapahute aux USA. Je me promène tout près d'ici. Rencontre à découvrir en avril.


26.3.09
exposition à venir
Participation à l'exposition collective "Talent Latent", à Tarragone, en mai prochain.
Ci-dessous, une partie du catalogue.
(Commissariat d'exposition : Mariona Fernandez & Cristina Zelich)

25.3.09
Un peu plus loin
La recherche tombe parfois dans les oubliettes, il n'y a plus d'images rêvées. Ce qui a été fait ne regarde plus l'avenir. On récolte cependant quelques regards, d'infimes distinctions. Toujours ça de pris. Puis, curieusement cela revient ; mais il a fallu se faire violence, reprendre la machine avec l'audace d'un enfant qui entrerait dans un nouveau manège et qui par surprise retrouverait un vertige qui donnerait du sens au jeu en le ravissant jusqu'au plus profond de sa vie.
9.3.09
23.2.09
22.2.09
reprise
En réponse aux questions d'une femme que je ne connais pas.
Pensez-vous vos photographies comme une tentative?
Tentative est un mot qui m'intéresse, il implique que le geste mis à l'épreuve n'engage jamais rien de définitif, mais aussi, n'est jamais conditionné par quelque chose de solide qui lui préexisterait ; on tente quelque chose aussi par désespoir, parce qu'il n'y a rien d'autre de possible à ce moment ; autrement dit, la tentative est fragile, elle tient à si peu de choses, mais aussi, elle prend un sens éclatant car c'est la dernière des actions possibles face à l'imminence (intimidante) du silence et de la fin.
Pensez-vous qu'il est possible de définir un sujet précis à un projet photographique?
Il y en a qui s'en sortent très bien comme ça. je veux dire qu'ils ont une idée, quelque chose de préalable, du côté de la pensée, et ils le réalisent ; cela suppose d'être bien dans le monde, d'avoir une tête bien faite dont le contenu cherche à coïncider avec ce monde : j'ai une idée, une question, je dois trouver dehors le matériau pour y répondre, mettre de l'ordre dans le chaos ; et puis il y a d'autres sensibilités (qui pensent aussi malgré tout) qui considèrent que rien ne va, dedans comme dehors, qu'il est conséquemment impossible, sur le le plan moral ou intellectuel, d'intervenir préalablement sur le projet ; pour moi, tout est à découvrir, je suis quelqu'un, mais rien de cette personne ne porte à penser qu'il est propriétaire de lui-même, et j'ai cette idée narcissique que le monde extérieur est à l'image de cette banqueroute, cependant, une rencontre est possible : celle de l'indéfini (le monde) et de l'instable (moi-même), c'est ce qui donne lieu, parfois, à une image.
Cherchez vous une poétique dans la sélection de vos images finale ?
Je n'arrive pas à répondre à cette question. En tout cas, s'il y a une poésie, c'est par l'effet de surprise qui arrive dans les images, aux antipodes de ce que j'attendais.
Quelle place à la photographie pour vous? Je veux dire, ressentez vous quelque chose de l'ordre de la passion ou de l'indispensable?
Oui. Mais, comme toute passion, elle est prise dans un mouvement douloureux qui est celui de l'intermittence. C'est une affaire assez proustienne. L'attention aux choses n'est jamais une donnée définitive. J'en fais l'expérience ces jours-ci. Curieusement, lorsque je ne ne crois plus du tout en ce que je fais, il suffit de mimer l'état dans lequel j'étais lorsque j'étais dans "l'ordre de la passion", pour me rapprocher (sans y parvenir forcément) du foyer intense où brûle les images que j'aime. Finalement, il y a quelque chose d'anti-romantique dans ce geste, il faut souvent revenir à lui mécaniquement, faire chauffer la machine, l'œil et le cœur, pour espérer se rapprocher d'une situation ou d'une chose qui rendra l'image juste possible. C'est indispensable pour toucher à l'idéal de l'œuvre, mais surtout, pour se sentir mieux, vivant.
Pensez-vous qu'il est possible de définir un sujet précis à un projet photographique?
Il y en a qui s'en sortent très bien comme ça. je veux dire qu'ils ont une idée, quelque chose de préalable, du côté de la pensée, et ils le réalisent ; cela suppose d'être bien dans le monde, d'avoir une tête bien faite dont le contenu cherche à coïncider avec ce monde : j'ai une idée, une question, je dois trouver dehors le matériau pour y répondre, mettre de l'ordre dans le chaos ; et puis il y a d'autres sensibilités (qui pensent aussi malgré tout) qui considèrent que rien ne va, dedans comme dehors, qu'il est conséquemment impossible, sur le le plan moral ou intellectuel, d'intervenir préalablement sur le projet ; pour moi, tout est à découvrir, je suis quelqu'un, mais rien de cette personne ne porte à penser qu'il est propriétaire de lui-même, et j'ai cette idée narcissique que le monde extérieur est à l'image de cette banqueroute, cependant, une rencontre est possible : celle de l'indéfini (le monde) et de l'instable (moi-même), c'est ce qui donne lieu, parfois, à une image.
Cherchez vous une poétique dans la sélection de vos images finale ?
Je n'arrive pas à répondre à cette question. En tout cas, s'il y a une poésie, c'est par l'effet de surprise qui arrive dans les images, aux antipodes de ce que j'attendais.
Quelle place à la photographie pour vous? Je veux dire, ressentez vous quelque chose de l'ordre de la passion ou de l'indispensable?
Oui. Mais, comme toute passion, elle est prise dans un mouvement douloureux qui est celui de l'intermittence. C'est une affaire assez proustienne. L'attention aux choses n'est jamais une donnée définitive. J'en fais l'expérience ces jours-ci. Curieusement, lorsque je ne ne crois plus du tout en ce que je fais, il suffit de mimer l'état dans lequel j'étais lorsque j'étais dans "l'ordre de la passion", pour me rapprocher (sans y parvenir forcément) du foyer intense où brûle les images que j'aime. Finalement, il y a quelque chose d'anti-romantique dans ce geste, il faut souvent revenir à lui mécaniquement, faire chauffer la machine, l'œil et le cœur, pour espérer se rapprocher d'une situation ou d'une chose qui rendra l'image juste possible. C'est indispensable pour toucher à l'idéal de l'œuvre, mais surtout, pour se sentir mieux, vivant.
13.2.09
1.2.09
divertimiento
27.1.09
25.1.09
Yesterday
En marge
Elle m'écrit qu'elle évolue dans un monde dépeuplé et sans communication, et que si j'aime et travaille, je serai sauvé.
Un tas de livres sur la table de nuit, mais lire m'horripile ; alors je regarde la télévision et m'enfonce dans la nuit ; l'idiotie du monde sur l'écran m'aide à m'endormir.
Phrase et image qui ne m'a pas lâché cette semaine : "La femme échouée en robe de sang dans les bosquets de l'hiver".
18.1.09
11.1.09
teasing
Livre à paraître le 18 février 2008 aux éditions Yellow Now, distribué en France par les Belles Lettres.
29.12.08
22.12.08
St Malo [photographies & bricolage de phrases]

Ce sont des êtres fatigués, non parce qu'ils en ont trop fait, bien au contraire : leur désir n'a pas trouvé sa cible et voilà qu'il est devenu une force stagnante au fond de leur âme, les écartant à jamais de la vie.
*
Idiot et fainéant par contamination, il faut admettre que la communauté existe, mais sous une forme dégradée & dégoutante : le troupeau.
*
Un corps est avachi. Un autre est saisi en plein milieu d'un geste inconfortable. Épargné par la chute, il est touché par sa beauté, c'est peut-être la grâce. (Sauvetage in extremis.)La bouche ne dit plus rien, le langage est fêlé, ne reste plus qu'une attention quotidienne à des faits et des gestes dans le silence, leur réussite (présence vraie) tient à notre incapacité (et au superflu) du commentaire, du bavardage.
*
Dans le temps mort. Le temps sans horizons. Le temps perdu de la vie. Mais c'est un moment sauvé aussi de la mort. Comme chaque instant, miraculeux. Sous le sommeil, la mort rôde et singe. La nuit et l'ombre joue sa comédie. A partir de là, on peut rêver — ce qui semble un luxe aujourd'hui — faire ce qu'on veut, le jeu redevient possible, juste avant la réveil du temps, le pire des temps, avec ses découpes injustes de plages horaires et ses obligations. Maintenant, c'est peut-être l'heure des divertissements, l'échappée vers un ailleurs qui n'est pas de l'autre côté, juste à côté de nous.*
Avertissement : Faire poétique, jouer sans talents à l'artiste me débecte autant qu'une femme qui ferait semblant de jouir.
Ps : Je n'exclus pas hélas de faire partie de ces imposteurs.
*
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