10.5.13

Exposition chez IKONO, Bruxelles.

Quelques aspects de l'accrochage, exposition visible jusqu'au 29 juin.

http://www.ikono.be/actualites









22.4.13

soon

Bientôt en ligne sur mon site, quelques extraits de ma série en cours provisoirement appelée "In extremis", ou "bande passante".


27.3.13

Reste le rouge

Mon nouveau texte-poème Reste le rouge est disponible aux éditions Derrière la salle de bains.

« point de départ l'attente la divination

depuis que je suis enfant on ne peut rien me cacher le pot de confiture dans le placard ou la mauvaise pensée derrière des mots bienveillants je suis séduit par tout ce qui coupe caresse enveloppe et étouffe en même temps

l'origine

là c'est une photographie sans légende »



http://leseditionsderrierelasalledebains.bigcartel.com/product/amaury-da-cunha-reste-le-rouge

20.2.13

Senlis


quelques phrases rapatriées

Insomnie et premier livre à la portée de la main, cette page : "M. Teste est né du hasard. Comme tout le monde. Tout l'esprit qu'il a ou qu'il eut de lui vient de ce fait."

À Zürich, sous la neige,  j'ai traversé la Robert Walser gasse. Je suis arrivé au café Odéon où l'on écoute Phil Colins en live à fond. Ici, les riches ressemblent à des clochards célestes  ; au bar, une vendeuse ambulante de cigarettes vous propose sa camelote. Près de moi, une japonaise boit en même temps un café et un verre de vin rouge. Les hommes sont entre eux, et les femmes, entre elles.  Personne n'a l'air vraiment soucieux. Ni vraiment décontracté.



 Satanée perversité de cette musique à  la Lelouche qui me touche à mort dans le métro.  

Si vous trouvez que cette photographie de mer est belle parce que vous y voyez aussi du marbre, vous n'y êtes pas du tout, sinon j'aurais écrit un poème à la con avec des métaphores dedans.

De 10 à12 ans, je m’étais passionné successivement pour les avions de chasse, Brigitte Bardot, l’interprétation des rêves, les requins et les rites sataniques. True.

Train pour Bruxelles, les couleurs prennent des vacances dans la brume.
 

Dans ce rêve, je suis avec un couple d’amis sur une plage, mer calme. Soudain, l’eau se trouble, se creuse, et la tête d’un cheval blanc émerge peu à peu, jusqu’à être complètement découverte lorsqu’il atteint le rivage. Enfin sur le sable, il file au galop et disparaît derrière des roseaux.

Comme l'arnaqueur qui vend du poisson est un homme fort aimable, je deviens facilement son pigeon.

Vous vous recentrez sur votre travail avec l’impression de découvrir le monde

La journée qui dort comme un vieil étang (étant)

J'ai rêvé que ma vie était désormais exclusivement consacrée à la blanquette de veau.

Hier après un soin de visage offert par ma voisine esthéticienne pour se faire pardonner de m’avoir privé d’eau pendant 24 heures je vais chercher aux Gobelins la photographie d’une femme nue que me rapporte l’éditeur farfelu et pointu (Belge) de Yellow Now, nous parlons sous la pluie en buvant du Brouilly quand tout à coup se pointe par hasard,une baguette de pain à la main, le théoricien génial de ma jeunesse Philippe Dubois auteur de l’Acte photographique et camarade de Yellow Now, je suis comblé, je rentre sous la pluie, allume la radio et j’entends mon camarade Arnaud Claass parler de la photographie comme un art à la “fois littéral et énigmatique”, puis je dors, assuré d'être dans la vie qu'il me faut à peu près.

Dans "pIk"#3



11.2.13

Lettre de S (qui rassure et éclaire)


"Incisif " cela convient juste à ce que tu coupes dans tes "photographies", et dans tes plans. Ce qui se coupe  ou se stoppe ici et là.
Laissant  seul.
Ce que le livre restitue précisément ... sous sa douce jaquette qui étonne et masque à la japonaise.
Cela tranche.
Cela concentre.
Un temps un. Et l'autre? Que lui reste -t-il à faire?
Que lui reste-t-il ? sinon cet arrêt sec face au vide.

6.2.13

Du jour au lendemain

Avec Alain Veinstein, sur France Culture au sujet de mon livre "Après tout", paru aux éditions "Le Caillou bleu".


9.1.13

Bande passante

   Il y a des photographies que je ne réussissais pas à intégrer au précédent travail, non pas à cause de leur nullité ou de leur obsolescence, bien au contraire : elles étaient tout simplement en avance sur moi-même, et ce n'est qu'aujourd'hui qu'elles trouvent leur place. Toujours la même procédure : une rêverie autour d’une expression, d’un mot valise. Maintenant, c’est “Bande passante” qui occupe mon esprit.  Je ne dis pas que les images doivent dériver de ce titre (pour l’instant) provisoire ; il m’aide seulement à entrevoir des nouvelles brèches possibles à la surface des choses. Comme un enfant, j’ai des souhaits intenses, mais vagues. Un cri. Un vertige. Un coït. Plus d’élévation, via  des photographies verticales que je ne prends que trop rarement. Et surtout, un souci de proximité physique entre les photographies même si elles divergent radicalement les unes des autres.  Faire des photographies en pensant en même temps à leurs destinations futures :  l’endroit qu’elles occuperaient dans un livre futur, leur positionnement sur un mur.

2.1.13

Article de Zoé Balthus

 "Amaury da Cunha a été qualifié d’« étoile montante de la photographie française » pendant le Mois de la photo en novembre dernier alors que l’Espace Lhomond accueillait Après tout, sa première exposition solo à Paris. « C’est mieux qu’étoile filante », avait commenté le photographe, au lendemain de ce bel augure médiatique. L’artiste ne manque pas d’esprit ni de lettres d’ailleurs, d'autant que son travail « oscille entre l’image et l’écriture ». Son goût de la poésie et son intérêt pour la psychanalyse marquent sa photographie et sa prose où se reconnaît un monde autre, le sien, le monde tel qu’il vit, rêve, se métamorphose et meurt en lui, qu’il transmet sur un ton flirtant volontiers avec l'absurde poétique beckettien, à faire rire et pleurer à la fois..."

La suite, ici 

31.12.12

reprise





Dans la forêt d'Halatte, les choses vues sont unanimement belles, pas de place pour l'image

Images futures : ritualisées, abrasives, mais littérales.

Ce qui éclate aux yeux et cloue le bec à la pensée, ce pigeon.

Dix minutes avant la fin, sans avoir prévenu, arrive le bienfaiteur de l'exposition : vieux monsieur distingué et vif, qui semble s'étonner de mon propre étonnement : "Mais je vous avais dit que je viendrai voir." Il regarde, en silence. Parfois, il me signale quelque chose qui le touche. (Les oiseaux, le rapace, la mer de marbre.) Pose quelques questions géographiques ou techniques. S'appuie sur mon épaule pour descendre l'escalier.  Scrute l'ensemble, des détails. Puis je le raccompagne. Avant de refermer la porte, je le regarde s'enfoncer dans la brume ; le chapeau encore, l'air rassurant, le froid. Très ému.

Ces images jouissives qui suscitent un désir d'espace, et non pas celles qui pointent le temps perdu, toutes gorgées de spleen.

Dans ce rêve, un collectionneur de photographies explique à un journaliste que l'origine de sa passion coïncide avec la mort de sa mère 

11.12.12

Lucarne

L’homme à la couverture rouge
caché dissimulé
L’étoffe dans la bouche étouffée
Empêchée et qui fait saigner
Une blessure ouverte à nouveau
Il  faudrait continuer à gesticuler
Comme un fantôme débile et malade
Un fantôme qui va bientôt se dégonfler
Ah celui-là, cette hantise !

Quelles autres images à déterrer ?
Les vidéos que je veux bientôt faire
Sans pathos mais tristes mon dieu
Mais tristes ça clignote quel remugle
La femme ou l’enfant, ou l’enfant-femme
Sous une couverture encore mais ce coup-ci
Elle est blanche il faut bien parfois un changer
Les motifs n’est-ce pas ? Bouge de là !

Sors de mes yeux

6.12.12

Dans "Le Monde des livres"


Un grand merci confraternel au "Monde des livres" qui consacre une recension à mon livre "Après tout".

15.11.12

15.10.12

le couple à l'œuvre


Jeudi prochain, chez Area, avec Nicolas Comment, nous montrerons des photographies et d'autres choses encore dans une vaste exposition collective sur le couple ;  Le vernissage commence à partir de 19 heures, au 50 rue d'Hauteville à Paris dans le 10e.

12.10.12

Après tout


 
 
  Mon livre est imprimé aujourd'hui, j'en suis tout chose.
           La souscription, jusqu'au 22 octobre, c'est ici
           http://collection.cailloubleu.com/books/apres-tout
 

14.8.12

Mois de la photo 2012

Mois de la photo : Présentation de mon travail par Rémi Coignet dans le catalogue collectif à paraître chez Actes Sud, en novembre.

11.8.12

Corrélations

Aperçu d'un accrochage à venir à la galerie Aréa à Paris, en octobre, avec Nicolas Comment

sauvé, provisoire

 Le texte qui accompagne mon livre de photographie Après tout, à paraître au Caillou Bleu en novembre,  se situe entre le journal et le poème. Prélèvement de sensations sur le fil du temps, ces phrases ne respectent  aucune chronologie, comme les photographies. Matériaux brutes redistribués.

Qui pourrait prétendre vivre une expérience linéaire du temps, et un voyage organisé dans nos espaces ? Poème au sens où j'avais lu tout jeune homme, cette phrase de Sartre : "le poème ne décrit pas le Monde, mais tient lieu de monde". Au milieu de ces digressions du texte, un leitmotiv vient scander ce mouvement des mots : l'énoncé lapidaire des images que je n'ai pas pu faire, pas pu voir, pas voulu faire. C'est tout.

Ces temps-ci, impossible de lire des romans, pages usées qui me semblent appartenir au passé, le mien, mais aussi celui de l'art. Je ne pense qu'à la poésie, seul acte réel du langage. Mais je suis une feignasse. 

Au journal, on m'a demandé d'écrire à l'avance la nécrologie d'un grand poète, ce qui m'excite et me débecte en même temps. Passons.

Présentement, pas d'images fixes prévues. Par contre, ça frémit dans ma tête. Désir de faire des courtes séquences vidéos, comme des photographies, avec seulement quelques mouvements sensibles. Un homme tourne sur lui-même éclairé par un phare, un enfant qui gigote sous un drap, des arbres qui frissonnent dans la nuit. On verra ça. 

La période critique de critique est suspendue. Face à soi, maintenant. De toutes manières, il n'y a pas un texte critique qui ne m'ait pas regardé de près, intimement. Cuisine interne. 

Et les grands arbres, les espaces ouverts ? Direction sud, progénitures !

La peur tenace de l'oisiveté. 

Ainsi se clôt une période de la vie, toujours par un livre. Mais quel autre travail accomplir ? Une fiction titrée ? Il y a quoi après le deuil ? Le frémissement du mouvement.

S. m'a dit que je devrais photographier des femmes, leur corps, le mien aussi.

Ce que j'ai vu en Arles, lors de ces interminables projections : des visages mortifères. Ce que je tente de montrer : des regards empêchés.

Le visage. Vers le visage. N'est-ce pas le titre d'un film de Bergman ?

En marchant, je craignais de la revoir, je rêvais de la revoir façon Swann, "pas mon genre". Presque tétanisé finalement. Forme hystérique de mon suprême détachement.

Pendant mon absence, A. garde mon chat, elle a trouvé refuge chez moi après avoir cherché à finir sa vie.  Toutes ces vies fracassées qui me frôlent, et moi qui joue au grand consolateur, je suis bien maladroit.

"Vous êtes artiste ? Vous habitez Montmartre ?"

Affamé d'amitiés.

Quoi ?  C'est donc ce petit être aux yeux noirs, malingre,  qui a menacé ton cœur, et suspendu ton humour et ta joie ? Ce n'était pas de l'amour, n'est-ce pas ?

Conjonction d'une durée et de l'exploration d'un espace. Chronique d'une chambre et d'une ville.

Au croisement d'une venelle, dans un coin de plage, je voudrais, même deux minutes, retrouver ma vie d'enfant ; je vous jure que je me ferais tout petit.

Sur une plage magnifique, entendu à l'intérieur de l'oreille : sa mélancolie c'est la détresse qui échoue sur la beauté du monde

Le gêne de la galeriste devant des images qu'elle aime mais qu'elle ne parvient pas à mettre dans une case — "Embarrassant pour moi et frustrant pour vous, n'est-ce pas ?" "Oh vous savez...."

"Vous faites des images froides et sensuelles. Vous révélez le bizarre à partir du normal" m'a-t-elle dit aussi très sèchement

 Deux visages familiers arrivés dans un rêve comme des lames de rasoirs, je sors de mon lit, je me foule la cheville
S'il avouait trouver cela seulement beau, sans bavardage - devant l'œuvre - il se sentirait tout nu : comble de la misère pour lui.

Tout ce travail solitaire de l'art pour arriver enfin à des relations sociales apaisées.

Pourquoi ce souci de l'aventure perpétuellement renouvelée ?

Oh ces quelques phrases de la vie, pas forcément heureuses, mais très près d'elle !

Regarder à blanc, sans appareil, sans béquille. Et ne rien voir du tout !