27.5.16

Livre à venir, roman.

Un homme disparaît sur la ligne 6 du métro parisien.  Un autre s'envole du haut d'une tour en Asie. Une femme se transforme en image en Italie.

21.4.16

collision(s), extrait

Je me souviens que lorsque j’étais enfant, passionné naturellement par mon train électrique, j’étais triste de ne pas pouvoir faire entrer deux wagons en collision et provoquer une catastrophe ferroviaire. Mon père m’avait pourtant expliqué que c’était impossible à cause du courant unilatéral, j’avais piqué, paraît-il, une colère historique. Je me souviens aussi de la tentation un peu masochiste de mettre les doigts dans une prise électrique. Même si c’était défendu, car cela pouvait me faire mal — voire me tuer — cela ne m’empêchait pas d’y penser. Je devinais sans doute que la plus grande des jouissances pouvait peut-être passer par une expérience intérieure du danger. Dans l’ordre successif de mes passions d’enfance, je me suis ensuite intéressé aux avions de chasse, aux grands requins blancs, et à toutes formes de satanisme.

6.4.16

Signature


Samedi 9 avril, au Carré Baudouin (121 rue de Ménilmontant, 75020), je signe mes livres de 16h à 18h, dans le cadre de l'exposition 2x16.

27.3.16

Senlis

Les êtres que je photographie ne deviennent-ils pas immédiatement, dans le basculement propre aux images, aussitôt des personnages, qui plus est, désorientés ? 

Ce matin, trois gouttes d'eau sur une table de café, m'enchantent au point de les photographier. Cette attention au minimal, à "l'infra-mince" comme on disait à une époque, n'est pas un regard déceptif sur la réalité, mais plutôt un acte de prudence, peut-être d'humilité - contre le risque toujours de sombrer dans la pornographie.

Dans la rue, j'ai photographié des cerisiers en fleurs avec cette phrase en tête : "que deviens-tu?"

17.3.16

Michaux

 
Henri Michaux, refusant qu'on photographie son visage, propose plutôt un agrandissement de son nombril :  Soyez tranquille, c’est présentable, le cordon ne pend plus. On l’a coupé proprement, en temps voulu. ”

14.3.16

notes de fin de journée

Des images qui désorientent (comme : je me réveille au milieu de la nuit, mon rapport à l'espace et au temps est très perturbé — inquiétudes).
Nous ne sommes cependant pas nulle part.
Quelques repères (concrets) alors pour se raccrocher au monde, mais pas trop.

11.3.16

too many birds





#4 avec Stéphane Bouquet


"Les photos d’Amaury da Cunha cachent souvent quelque chose et montrent qu’elles le cachent. C’est inaccessible, disent-elles (ou ai-je l’impression qu’elles disent). Souvent de grands aplats noirs viennent figurer le secret, ou alors des obstacles qui bloquent la vue. Souvent, les visages nous sont d’une façon ou d’une autre retirés. Souvent les yeux fermés, parce que le regard est ce si grand fourmillement de signes et tout alors deviendrait tellement trop évident."

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26.2.16

#2 avec Michel Poivert


“ L’art de faire des photographies est-il si éloigné de celui qui consiste à mesurer le poids des choses ? Enregistrer non seulement la masse et le volume mais donner à ressentir le poids, transférer la sensation de ce qui pèse sur un corps — ou de ce qu’un corps pèse — en une forme visuelle, avec ses tonalités, ses contours…. La photographie est une des formes de l’acrobatie, un défi lancé aux principes de la gravité : un exercice de trapèze...”

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24.2.16

en chemin

La femme galeriste me dit que mon travail est "en boucle", ce qui n'est "pas grave du tout". Je suis tenté de justifier mes gestes photographiques obsessionnels, je préfère l'écouter parler et répéter toujours la même chose avec le sentiment de deviner à l'avance les moindres mots qu'elle me dira.

La petite mort et la renaissance — déménager. Chaque livre a été soumis à un examen impitoyable, parfois totalement arbitraire et gratuit, certains auront le privilège de connaître ma nouvelle maison, d'autres trouveront d'autres yeux que les miens pour les lire. Un carton traîne dans la cour, pour les oiseaux, pour les voisins.

19.2.16

#1 Avec Arno Bertina


"Le fait d’avoir découvert cette photographie exposée dans une abbaye bénédictine a-t-il aiguillonné mon regard ? Peut-être pas ; découverte dans le métro parisien, ou en 4 x 3 dans la zone commerciale de Draguignan – c’est un exemple – j’aurais pensé de la même façon au Christ montrant la plaie ouverte par la lance d’un soldat romain, ou à l’apôtre Thomas avançant un doigt effarouché pour éprouver la réalité de ce corps ressuscité."


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15.2.16

en trois points



Il ne savait pas si leur silence tenait du jeu, du bras de fer, de l’indifférence — ou s’il maintenait désormais entre eux un périmètre de sécurité.

Et la bourgeoise chia très proprement dans le couloir du métro avant d’entrer dans la rame, sourire aux lèvres.

Ma chatte et moi partageons la même passion pratique pour les livres : nous nous y frottons pour nous soulager.


9.2.16

Projet

suite


Elle comprit d’un coup que ses problèmes n’étaient pas seulement liés à un épisode passager de son existence, mais des problèmes de toute une vie, ce qui l’aida à entrevoir des solutions, en urgence.

À la montagne. « Loin de la folie du monde, au centre de l’univers, en cet instant précis, j’entends battre mon cœur et un pic-vert. »

Un rêve. « C’est normal de rêver que je roule dans une grosse voiture familiale et que tout le côté gauche de la carrosserie tombe en plein milieu de l’autoroute ? »

6.2.16

deux manques d'images

- La lumière à l'état brut, je ne sais pas trop quoi — un néon ?
- Le visage coloré, en élévation. Rouge. (?)