23.4.14

Lettre d'une inconnue

"Ce qui m'a frappé, mais peut-être n'est ce qu'une interprétation, est que la chose est montrée pour ce qu'elle est, et non plus pour ce qu'elle pourrait représenter. Elle n'est pas symbole mais est simplement sa propre manifestation. En dehors de toute recherche d' esthétisme, ce qui est poignant est que lorsque la vérité a sa place, la beauté s' offre, rayonne"

21.4.14

aller/retour

Champ de colza, soleil, la couleur s'appuie sur la lumière, premier éveil joyeux de la journée, dans le train vers Vendôme. Pas l'ombre d'une gêne. L'humeur s'appuie sur un xanax (demi). Beauté et efficacité des éphémères.

17.4.14

L'été



La blessure pointue entre mes yeux qui ne cicatrise pas

un troisième œil ai-je pensé

c'est facile oh que c'est sot

mais comment ne pas se faire avoir

Je cède  parfois à mes facilités 

ma joie ma petite mort (souvent sociale)

*******

Le pari pas si dingue que ça : relier un minimum de trois ou quatre phrases ensemble

Laisser du blanc 

Ça impressionne

Donne l'impression d'avoir un gros territoire

Alors que

Mince écrit le poète 
Maigre dit le critique 

*

Être sous la bonne influence d'une voix qui compte, sans chercher à l'imiter. Une affaire d'impulsion, pas d'expression.

*

Je voudrais là maintenant demander à l'adolescente pourquoi déjà ses seins sont grossièrement refaits, mais je dois d'abord demander la permission à ses deux malabars de copains qui veillent au grain, vive les lunettes noires. (Je regarde ses seins, je baisse la tête, j'écris ma phrase à la con, et voilà que les seins sont maintenant cachés sous une grosse serviette genre onolulu.) 

*

Recourir au poème, désir évident, absolument pas relié à un amour de la forme poésie, j'en lis peu, elle m'agace car c'est la partie de la littérature la plus etiquetable (même quand elle nous la joue grand bond en avant du langage) ; alors pourquoi, pourquoi donc recourir au poème ? Chemin le plus court vers le monde des choses ?  Non, cette réponse ne me va pas. Cette réponse est grotesque. Encore un effort. Pourquoi recourir au poème ? Toujours la brièveté. L'équilibre. Le fugitif. La traque de l'éphémère. Au moins, cette petite pensée s'applique aussi à la photographie.  Ça tombe bien.

*




Distance & hauteur


16.4.14

De nuit

Curieuse sensation de chaleur, je ne sais pas si elle provient de mon corps ou d'un objet de la pièce, je me touche le front, je touche l'étagère, le plaque électrique, puis je (me) touche le front encore. 

Les pommes de pins qui tombent sur le toit de la cabane, petites créatures qui me veulent du mal, pourquoi ?

Souvent la menace, toujours vague, mais toujours là.

La voix plus grave que mes images : toujours plus merveilleuses que ce que crois  y voir.

Réactiver les phrases, comme refaire l'amour (dimension technique, surtout, oui, ça marche, ça m'étonne encore, j'aime)

3 faits

Semence  dans le sable, visite d'un oisillon, vent qui se lève.

Texte et images

Dans la même année, j'aurais écrit un poème pour le livre de photographies de N., et S. compose en ce moment (c'est ce mot musical qui convient à ce projet) une fiction à partir de mes photographies. Ce jeu de combinaisons à multiples entrées entre le texte et l'image m'enchante ; inversion des rôles, passage d'une distance à l'autre, passage du réel à la fantaisie, c'est un rapport fécond, jamais définitif, que j'expérimente à travers ces mots et ces photographies. Tous les nouveaux rapports sont possibles, hormis un rapport critique  aux images :  j'ai adoré écrire ce type de texte (notamment celui sur Emmanuel Saulnier), mais cela prend trop de temps, et jouer au critique force à se mettre trop à distance de la communauté des artistes.

Hier & maintenant



À vélo, le tour du lac, les deux adolescentes surprises en train de fumer dans un chemin de traverse

L'inquiétude : faire complètement le tour ? Le pourrais-je ?  Ce vélo peut-il rouler dans ma boue ?

La piscine avec un livre d'aphorismes, et les phrases incomplètes que j'entends, comme cet enfant à ses deux parents gros : "pourquoi j'ai pas le droit de m'amuser" ?

La perception de la ville où je vis, de la fumée douce, loin.

Vendredi je ne sais pas où dormir à Paris 

L'oreille sourde, toujours, anesthésie les bruits du Monde, comme si je les entendais du fond d'une grotte (cauchemar d'enfant)

La lumière qui peine à s'adoucir, photographier quand les choses vont bientôt sombrer

Mais pas d'images, ou plutôt sous cette forme, écrites. Seulement.

Et puis l'espèce humaine en vacances : peu reluisante. M'émeut encore l'ennui des enfants obligés d'être avec leurs parents. "Pourquoi je n'ai pas le droit de m'amuser, moi."

Plus tard, la forêt. La forêt pour prendre une image et la donner à voir. La ba de la journée. La photographie comme baba de la connaissance du monde. Mais ni outil ni instrument.

Puis seul au monde plus tard, le fromage de brebis.

Les manques.

Un verre de vin.

Si la solitude peut-être encore rythmée par le chant du coucou rien n'est perdu.

Le lendemain, oreille sauvée. 

Photographié un épouvantail en réglant mon appareil sur une option genre jouet d'enfant, vieux brownie, gadget à propos.


15.4.14

En guise de points

En regardant les grands pins, partie du corps percée  (ou bercée  si vous êtes un agneau) par une branche

Oreille bouchée toute la nuit, peur de devoir appeler les urgences

Ce matin, moins mal, mais la viande que j'ai mangée a moins de saveur

Allez savoir pourquoi

Hier soir marchant cèdre éclairé tout seul par une belle loupiote

Acheminement progressif (ou plutôt dévoilement) de la chose vue (en train d'être vue) (sur le point d'être vue)

Cet après-midi piscine soleil lecture je redoute la douleur de l'oreille droite

Les données concrètes de la vie j'en ai besoin

Prise entre le besoin d'attester et le désir de célébrer - ma photographie

Pas de solution immédiate mes lascars

6 ou 7 figures récurrentes pas davantage

Et c'est déjà pas si mal

14.4.14

Train vers l'ouest

Du train, défilements mêlés, expression venue : petite, douce, hémorragie du temps

Faire l'amour sans voir rien venir

Sa remarque : c'est trop facile pour moi d'être couchée sur toi

Se sentir à nouveau vivant, sensation chaude juste derrière la peau (le soleil et la fenêtre)

Je ne sais pas où je vais dormir ce soir

10.4.14

amorces


En rentrant de déjeuner

 Dans un temps limité j’ai toujours rêvé de pouvoir faire le point sur des choses qui me semblent essentielles, et de les faire entrer dans une bulle ou une boule (le baudruche ou le feu fera bien l’affaire)  et puis je  les regarderais partir très loin de moi dans un grand ciel de printemps ou je tirerais dessus avec un fusil de chasse.

Trouver des espaces immédiats, la maison, le bureau, la rue. (Parfois des chambres de femmes inconnues.) L’appareil photo de temps en temps car on ne sait jamais.

Souvent, je prends des images juste pour me raccorder au mouvement de la vie, des images pour rien, des images qui ne nourriront pas ce que j’appelle de façon prétentieuse (et un peu fallacieuse) le travail.

Quoi de bon à prendre, à voir, dans ces espaces-là ?

Une phrase m’est tombée dessus hier. Tu n’as pas d’espace à toi. Voilà ce qu’attestent les photographies éparpillées que je prends.

Il reste quand même quelques ouvertures.

Mais ne prévois pas trop les images à l’avance mon ami. Laisse à nouveau le hasard entrer dans la vie et provoquer la vue.

Sinon, tu fais de la très mauvaise littérature.

2.4.14

Image tardive


Phraser

Mon besoin périodique de l'écriture :  comme une confirmation de ma capacité à aimer. La photographie est plus sèche : on peut faire des images sans penser à personne. Ce qui est impossible dans l'écriture.

Leiris : "photographie — trop fidèle et précis, cet art fautivement agrafé aux faits dégrade et falsifie."

Journée de la flemme dans un jardin ensoleillé avec pépiement de petits oiseaux inconnus - farniente.

Et à la fin, le philosophe me dit : "Vous êtes un héros de l'incertitude." Je lui réponds que je n'en suis pas si sûr.

Ratage de David Lynch fautographe, mais sublime Robert Adams - donc tout va pas si mal

Le moralisme sectaire de l'art contemporain vis à vis de la photographie :  pour certains de ses représentants (marchands ou artistes-collaborateurs), tout ce qui ne relève pas, en apparence, de la volonté d'art est perçu avec un discret mépris. Pour ces idiots sophistiqués, ce qui se présente sans identité criarde, sans idéologie, sans revendication de classe ou de clan, est forcément sans valeur.

Procrastine sévère, pas de temps pour autre chose, sache-le toi là-bas.
 

Un peu comme ça, en moins bien : "Aujourd'hui je n'ai rien fait. Mais beaucoup de choses se sont faites en moi." R.J.
 

Au café ce matin, un type drague une fille en lui offrant des hors séries de science & vie.
 

Ce type qui marchait dans la rue avec son arbre de Noël en plastique m'a déprimé au plus haut point

Sous la pluie je demande à une femme avec parapluie si je peux profiter d'elle

Dans le train, le serveur me demande de patienter un instant : il veut regarder le coucher de soleil par la fenêtre

Handke de nuit : "Avant chaque rencontre : pense au trajet qu'a fait l'autre."

29.3.14

#3

Le visage posé sur la table

La lumière brute saisie dans son épaisseur et son surgissement dans une nuit glaciale

Travailler : marcher en volant.

6.3.14

Entretien

Un entretien avec Katia Cordova autour de mes séries "Après tout " & "Incidences", à lire ici, sur le site de Focus.

3.3.14

note en passant

L’attention flottante, c’est faire vivre son regard en rotation permanente, sans rien cibler au départ quelque chose de particulier. Laisser ses yeux aller où bon leur semble. Ne pas leur donner de limite. Retrouver le sens de l’errance en somme, avec toujours une dimension d’espérance qui lui donne du sens. Vous cherchez la nuit dans un ciel d’été des étoiles filantes, vous aurez beaucoup plus de chances à en trouver en vous abandonnant à votre contemplation. 

Photographier sans aucune prévision.

éditions VOIES OFF

Après tout - Inserts


Portfolio d'artiste

Édition de 50 exemplaires numérotés et signés
20 photographies originales de Amaury da Cunha

Commander le portefolio, ici.


27.2.14

Cleptafire

Notes sur ma série en cours "Incidences" par Yann Datessen visible ici, sur le site de Cleptafire.




29.1.14

une phrase sauvée du reste

 Insomnie : noyade dans la nuit (phrase survenue au milieu de ma deuxième nuit sans sommeil)

4.1.14

couverture



En couverture du roman de Julia Kerninon, une image extraite de ma série en cours.

snaps





Faire des photographies pour dégrossir la masse opaque de notre monde et de ses informations ; agir dans les coins, préférer la brèche ouverte du sens à l'univocité (close) du message ; se rapprocher sans peur de la vie ; être comédien de son art comme si rien nui lui préexistait ; ne plus faire l'enfant, être enfin l'enfant ; poser l'intensité comme seule fond possible de nos apparitions futures ; ne pas trop désespérer.

27.12.13

le travail des phrases

Il manque un ou deux visages, celui d'une femme sous un voile une cloche transparente - encore quelques marcheurs de rue (alters egos) -des objets qui flottent dans l'air après une explosion (cf la scène d'Antonioni), un baiser, des surprises.

Mon menu ontologique ébauché par des phrases (vertu oraculaire du texte : pourvoyeur d'images futures, mais aussi, signaux d'événements aussi proches qui n'auraient rien à voir avec l'art.)

Pas convaincu par mon titre de travail : "inserts". Trop obscure. "Incidents" pourrait être bien. Ou carrément "accidents", ce qui pourrait peut-être m'aider à aller encore davantage du côté du pire.

À chaque fois que tu prends une photo, tu t'appuies sur toute ton histoire, m'a-t-elle dit en marchant dans le jardin de Rousseau à Ermenonville.

Texto de B. "Je viens de rêver que tu prenais une photo de table basse et que tu tournais la photo dans tous les sens pour voir dessous."

Beauté de cette phrase trouvée dans un livre de Stéphane bouquet : (...) "une fois de plus où un visage est un dangereux débarquement d'espérance"

Phrase venue sur le tard : penser la nuit (dans son lit, dans l'obscurité) aux vivants comme à des disparus. Et c'est nullement triste de donner aux vivants aimés la puissance des morts.

27.11.13

video (à venir)














 Eveil 



vidéo à venir

Boulevard Blanqui


Extrait d'un texte écrit par Julia Kerninon

" C'est un regard perçant, sans concession, mais tendre pourtant, pourtant candide. Enfant sévère, pour qui un aigle n'est ni une métaphore ni un symbole, mais d'abord une paire de serres potentiellement meurtrières. Amaury da Cunha nous montre un autre monde, celui qui se dissimule entre les clichés habituels, dans les failles. Un monde de mouvements cassés, de visages mystérieusement dissimulés, de tragédies et de comédies minuscules, de villes toutes fantômes, d'animaux touchants et féroces. Mise en doute permanente des habitudes, du confort, de la chaleur. Derrière le rideau. Sous le tapis. Amaury da Cunha opte systématiquement pour le plus difficile, le moins aimable, ce qui ne fait pas l'unanimité au premier round."

11.11.13

Paris, novembre


La galerie  "Voies Off "me représente cette semaine à Fotofever au carousssel du Louvre, avec des extraits de deux ensembles photographiques : "Après tout" & "Inserts".

Informations ici

3.11.13

Lettre de S.

 "( ...) Je peux reconnaître ta conquête de l'ordinaire dont le sentiment-même disparaît – rien n'est ordinaire hormis la grâce et le désastre.  Je peux cela, mais je ne comprends toujours pas. Tu donnes à voir une vie valable dans tous ses états, débusquée dans tous ses possibles. Possibles des choses et des êtres dont l'oeil recueille l'intelligence, là – et au moment – où elle se fait, se tisse.

J'ai envie de dire que je lis dans tes séries une image perdue. Celle que tu cherches ? Que tu remises, pour retenter l'affaire avec la suivante ? Je me laisse attraper par sa densité. Cette image ignorée abrite, recueille, sert de refuge aux cauchemars, aux chagrins. On pourrait presque la paraphraser : force inhérente à la faiblesse.

Je pense à ce que tu as écrit : « C’est ainsi que je me représentais le monde quand j’étais enfant : mille nœuds, belles et innombrables ficelles d’amour. » Je vois toujours ce laçage, cette pelote faite d'amour, de mémoire, de vides et de mots. Ce texte ? Car c'est étrange, chez toi, la recherche de l'intensité du regard libère des mots. Ton regard n'en finit pas de parler. Les corps, les couleurs, les ploiements, les morceaux se révolutionnent en une langue qui est celle de l'instant. En photographiant, tu te délestes, te délivres du lisible dans le visible. Ca sort, ça se passe, ça surgit. On saisit, c'est énergétique, mais c'est triste aussi, parce que c'est perdu aussitôt perçu. Le défi à l'anéantissement est à rejouer sans fin, dans sa « fragilité édifiante », sa certitude engloutie.

Tes photographies sont hyper-sensiblement organisées. Il en remonte je ne sais quoi, dont je sais seulement que c'est à rebours et que cela rayonne autant que ces hiatus entre absence, présence, attente et désir. Le tout rendu avec une juste charge de beauté. Et cette tension finit par éclairer une réalité inconnue, comme un regard qui emprunterait plusieurs directions en s'emparant au passage d'un tintement suspendu, des ombres, d'un geste effacé, pour nous laisser en proie au mirage et prêts à assaillir une apparition (visuelle, sonore, motrice) jusque-là recluse. Je ressens fortement le serrement porté par ce regard qui est surtout matière et qui participe au monde en s'insurgeant dans tes images. En elles, le temps hésite, s'arrête, on ne sait si l'instant est soluble ou perpétuel. Il est ouvert en tout cas. Comme l'est l'étonnement appelé et consacré par ton travail qui, d'un théâtre du dérisoire, dévoile en l'embrassant celui de la déchirure."

11.10.13

en cours


La mort d'une toute petite portion d'existence vécue comme une fin de règne

plus j'ai de "bonnes idées",  moins je fais de bonnes images (elles manquent d'ailleurs ces temps-ci)

En décembre 2009, dans son petit bureau (seul un petit portrait de Beckett au mur), Christian Gailly m'avait dit ça : « En s'inventant une vocation de créateur, par la force du travail, on se place dans un espace de solitude total : c'est pratiquer l'art au péril de sa vie et il n'y a plus de compagnie possible. »

Le chat de mon voisin psychotique a violenté le mien. Pour se faire pardonner, il vient de m'offrir un  cactus.

Que la nuit te soit un secours

édifiante fragilité

À l'heure des comptes, cette journée fut remplie de faits, images, désirs - infiniment plus féconds qu'on l'eut pensé.

Ah oui,  cette phrase citée par Victor Hugo dans "Choses vues": "Je suis beaucoup plus heureux depuis que j'ai renoncé à être heureux".

Elle m'a confié son impatience de voir toute sa vie transformée en souvenirs pour espérer "entrer en nostalgie", a-t-elle dit ;  "la plus grande des jouissances pour moi", a-t-elle ajouté. Et quand je lui ai demandé comment imaginait-elle décorer sa tombe, elle n'a pas du tout ri.

Dans le train, les handicapés mentaux jouent à cache cache, les animateurs qui cherchent à les compter sont en train de devenir fous.

J'ai rêvé que ma vie était désormais exclusivement consacrée à la blanquette de veau.

28.9.13

littérature

Représenter des éclats de langage. (Mots qui brûlent, livres en miettes.) Faire l'image cette semaine, puis se remettre à lire et écrire, même affaire.

27.9.13

futur

Le bandeau noir tendu sur le regard d'une femme à la peau très pâle, laiteuse. 

Arrière plan blanc. Silence. Sentence. 

"Sévisses" puisque nous avons ce mot à notre bouche cruelle.

17.9.13

échos

 Rumination devant des nouvelles images. Saturé et sonné par la violence de ces morceaux mis bout à bout. Grand sentiment d’arrachement, de déprise de la réalité. La  sainte crispation  est révélée par chacune de ces photographies. La gravité aussi de ce qui chute. Comme un accord sourd plaqué. Quelques phrasés semblent se remettre du fracas. Les mouvements de corps, le mien. Celui d’un passant burlesque. Torsion des corps empêchés. Chorégraphie dérisoire. Le visible est tarabiscoté, une toile. C’est ainsi que je me représentais le monde quand j’étais enfant : mille nœuds, belles et innombrables ficelles d’amour. Bientôt le piano s’est fermé sur une main vieillie. La veine. La perte. Vivement maintenant une bonne nouvelle. Comme un chant. Une chatte, un soleil.  À suivre.

27.8.13

été 2013







 


tout ce qui est porté vers le bas
flanche tombe glisse — la pesanteur à Simone —
si ça peut se relever, ça peut grimper très haut à nouveau — pas la grâce, mais l'élévation de la vie qui regarde aussi sa mort sans trop de crainte —

29.7.13

Imago

L'œil exhorbité et couteau en sang
Les débris du miroir dans la terre battue
Ce morceau de film (visage) granuleux

Les os

(Incidences, scriptes, inserts)

(Rouge, jaune, bleu - Kandinsky)

Inserts

Agencement progressif de ma nouvelle série visible ici


26.7.13

Promenades photographiques en Condroz

J'y exposerai ma série "Après tout", dans un nouvel accrochage.

rassemblement

Est-qu'on demande le sens de la musique de Brian Eno ? Vouloir simplement faire entendre ou faire voir est un acte (surtout un désir) beaucoup plus complexe que de vouloir assigner une signification à une chose.

Faire une nouvelle photographie me confirme que le monde est réel et que je suis bien vivant. Des bonnes nouvelles.

Rêvé que j’avais perdu de vue quelqu’un — perdu aussi la seule photographie que j’avais encore de lui. Je songe à dessiner de mémoire son visage, mais il n’y a plus du tout d’encre dans le bic. 

Paul Nizon, pour la nuit : "L'attente, une façon de me mettre moi-même en état de siège." 

Une envie de brûler des choses pour les photographier. (Les noyer aussi)

Souvenir d'une phrase sortie d'un livre de M.B (et que j'aurais tout à fait pu entendre aussi dans un film de Bergman) : "Fais en sorte que je puisse te parler." Bonne nuit les morts- baisers.  

en cours


bascule / retournements / à rebours / bande passante / shot / en sommeil / Les sommeils / incidents / Incidences / recours / drama