28.3.17

Chronique d'Emilie Chaudet (France culture)

Sur "Histoire souterraine" et "HS"

Ce sont des corps lourds qui semblent vouloir se débarrasser d’eux-mêmes. Oublier leur existence dans le regard de l’autre dans les murs épais d’un lieu qui ne leur appartient plus. Des corps qui voudraient s’inventer une autre histoire. Une histoire souterraine. Ce sont des corps qui recherchent l’état de chute, ou de relâchement. Qui recherchent peut-être même cet état où il ne se reconnaîtront plus eux-mêmes. Où ils pourront avancer autrement, et donc forcément ailleurs. Sur un chemin choisi. Un Passage. « Qui n’a pas connu l’intervalle n’a aucune chance de traverser les apparences » écrit le photographe Amaury Da Cunha, dans son livre Histoire souterraine. Un titre qui est en premier lieu, celui de son roman. Et qui devient ici, sous la forme d’initiales, HS, une série photographique sur des corps qui se révèlent, pourrait-on dire, avant la chute. Une grande place grise de béton, au crépuscule, les grandes dalles formes de larges escaliers. Et les ombres des arbres s’étirent - loin, quadrillent l’espace. Un homme en béquille passe devant ces ombres et semble ne même pas voir cet homme debout sur les grandes marches. Pourtant cet homme là voudrait déstabiliser le paysage, tenter de le tordre un peu, de son mouvement. Bassin légèrement en avant, bras en l’air, tête un peu penché, il a laissé son sac à dos parterre à côté de lui. Et on dirait, au milieu de cette place vide, sans regards pour l’accueillir, amortir son mouvement, on dirait qu’il se met à danser. C’est une scène prise en plongée, de haut, peut-être depuis une fenêtre. La distance ne permet pas de distinguer l’expression de son visage, de loin elle semble totalement neutre. Comme s’il jouait naïvement la catastrophe, comme s’il mimait sans y croire, ni attirer l’attention, le mouvement grossier d’une chute. Un geste solitaire. Peut-être même désespéré. Produire quelque chose, au milieu de ce vide. Amaury da Cunha se demande pourquoi son regard est-il si souvent aimanté au bizarre, à ce qui menace de sombrer ? L’un des visages que l’on voit et qui nous scrute dans ce livre c’est celui de son frère Charles mort à Singapour, en se jetant du haut d’une tour. « Charles est mort, écrit Amaury da Cunha parce qu’il ne trouvait plus d’image dans lesquelles trouver refuge (...) Aucune image qui aurait pu lui offrir un sursaut de vie». Ce sont des corps qui travaillent la chute, qui apprennent, tentent d’apprendre le déséquilibre. Cet état de fragilité, cet intervalle, dans lequel, ils peuvent peut-être enfin se connaître, se reconnaître, se livrer à eux-même la seul image qu’ils ont toujours cherché, celle qui aurait pu les maintenir debout.

Lien audio ici

19.2.17

HS (FIligranes éditions)



HS est un journal de 18 photographies qui font écho au récit d’Amaury da Cunha, Histoire souterraine, publié simultanément aux éditions du Rouergue.
Cette publication, constitue une chambre d’écho, comme une annexe photographique, en marge du texte.

Dans ce récit autobiographique, il est question de la mort d’un frère à Singapour, d’une rupture amoureuse en Sicile, et de multiples d’incidents funestes.
Si l’on retrouve certains lieux (la Sicile, l’Asie…) et des visages marquants de l’histoire, ces images ne sont ni légendées, ni situées dans le temps ou l’espace.

Elles dessinent un espace autonome, potentiellement narratif, marqué par l’éblouissement, la bizarrerie, et la beauté sombre du monde.

Comme des « Icônes vagabondes dont le destin est d’aller à la dérive », pour reprendre les mots du poète Roberto Juarroz.

Tirage 300 exemplaires


Informations et commande sur le site de l'éditeur : ici

1.12.16

rêve d'automne

Dans ce rêve, une sorte de gros Merlin l'Enchanteur fumant le cigare (Fidel Castro?) me prend à partie un peu brutalement : "Quand tu arrêteras de photographier tout ce que tu trouves un peu JOLI, tu seras peut-être un jour GUÉRI."

1.11.16

One Year for Paris 2017



We knew it could happen but we didn't want to understand it. Since the January and November 2015 attacks,
we have changed the way to look at our city and enjoy its freedom, cafés and parties, munuments, and even flat grey light and rainy days.
We asked photographers to celebrate Paris with us, and have gathered their different visions.

Since 2012, Lozen up has published calendars to support people in need through charitable organizations.
We initiated this project after the 2011 Tsunami in Japan, and have supported Japanese Red Cross (2012),
National Parents to Support Children from Radiations (2014, 2015), and Big Brothers Big Sisters of Mississippi (2016).

Proceeds from all 2017 calendar sales will be donated to the Fondation de France,
which supports attack victims and the prevention of radicalism.


Contributors :
Aaron Stern, Alberto Garcia Alix, Alexandre Tabaste, Alexis Armanet,
Amaury Da Cunha, Amit Israeli, Cheryl Dunn, Christer Strömholm,
Cyrille Weiner, Daido Moriyama, Daniel Arnold,
Deborah Leca & Jonathan Paciullo, Erwin Blumenfeld, Estelle Hanania,
Fred Lahache, Gianluca Tamorri, Giasco Bertoli, Guido Mocafico,
Guillaume Belvèze, JH Engström, Joel Meyerowitz, Jordan Sullivan,
Juergen Teller, Kamil Zihnioglu, Laurent Kronental, Laurent Laporte,
Marcelo Gomes, Marguerite Bornhauser, Marion Berrin, Matias Indjic,
Maxime Verret, Mazaccio & Drowilal, Morten Andersen, Myr Muratet, Nguan,
Nicholas Calcott, Nicolas Silberfaden, Ola Rindal, Patrick Messina,
Quentin de Briey, Rinko Kawauchi, Romain Laprade, Ronan Guillou,
Ryuichi Ishikawa, Samuel Kirszenbaum, Saskia de Brauw, Shane Lynam,
Stéphanie Solinas, Takashi Homma, William Klein, Ye Rin Mok.

Editorial supervision : Laurence Vecten
Graphic Design : Madoka Rindal

Weekly calendar
18 x 23 centimeters
28 sheets
offset printing
750 copies

25 euros, shipping included (all destinations)
Ordering more than 1 copy? Please, get in touch: lozenup (at) gmail.com