crisis



À propos de la photographie, aujourd’hui, je suis frappé par une sorte d’incrédulité ambiante, une ignorance triomphante à l’égard de l’histoire du médium. Les images se sont, se défont, dans une déprimante homogénéité ; simplicité, contrefaçon, paresse intellectuelle, ce que je vois au jour le jour, est fermé à toute forme de pensée, qu’elle soit branchée sur le travail lui-même, ou sur une certaine idée du monde ; une immense relâche décourage toute idée d’exigence ; images à la plasticité empruntée, images candides, elles s’épuisent à recycler, sans le savoir, des figures déjà éculées ; sur le mur, sur la page, même désolation : qui peut se réjouir d’être frappé par une proposition qui  semble ne découler que d’elle-même ? Je repense souvent à cette phrase de Maurice Blanchot, si déterminante, à mon sens : “Etre artiste, c’est oublier qu’il y a eu un monde, oublier qu’il y a eu un art”.  Mais avant de pouvoir engager cette phrase  dans un projet artistique, il faut sans doute s’être imbibé de  culture  jusqu’à l'asphyxie pour  la faire disparaître  de la surface de ses yeux.  Voilà où j’en suis.


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