Pour des images sans histoires

(Extraits d'un texte sur M.C. à paraitre en septembre 2007)

Difficultés, pour un photographe, dont le terrain d’enquête serait toujours celui de l’actualité, de la relier au réel. Autrement dit, de trouver un regard qui contenterait notre désir de voir et de savoir, et dont les photographies, tout en restant fidèles à leur devoir descriptif, pourraient aussi rendre compte de leur insuffisance à dévoiler les choses dans leur totalité. (Le réel, c’est peut-être ce qui est derrière le temps, ce qui échappe eu temps des horloges, à la fois permanent et mouvant).

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Résister pourrait consister à revendiquer la vie d’un œil décentré dont le travail pourrait s’apparenter à celui d’un briseur d’équilibre ; entrer dans le champ de ce qui est fréquemment montré en le déminant de ses images-scoop et proposer (acte contraire au pullulement des images imposés dans la grande messe de l’information) des « contres-images » dont la sobriété pourrait interroger la fragilité du monde et celle de notre condition de vivant.

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Finesse d’un regard qui ne serait pas « décalé » comme on l’entend souvent dire à propos de tout et de n’importe quoi, mais calé au plus près de la faille pour montrer que le monde ne va pas aussi bien que ça. Plutôt que de représenter ses apparences en une image qui ressemblerait à sa mise à mort, on préférerait opposer une représentation flottante, indécise où les choses seraient montrées telles que souvent nous les vivons dans l’expérience : entre éclosion et disparition.

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